Pendant cinq mois, l'homme, qui croyait avoir trouvé l'amour sur un site de rencontres, s'est vu dérober pas moins de 3.000 euros…
La crédulité ou la foi en l'amour retrouvé… C'est une (ou les deux) des raisons qui peuvent expliquer "l'arnaque à l'amour" dont a été victime un quinquagénaire résidant à Nontron en Dordogne. Comme en font état nos confrères de Sud Ouest mardi 16 février, l'homme s'est laissé berner pendant de nombreux mois, cinq au total, par une femme qui disait l'aimer.
Au départ, rien de bien méchant semble-t-il, si ce n'est que l'homme débourse sans réellement compter pour celle qui est en train de l'arnaquer : 50 euros par ci et par là, de quoi s'acheter des vêtements ou d'autres choses. Mais au bout de cinq mois, le quinquagénaire a déjà prêté 1.500 euros, alors il commence à s'inquiéter. Et c'est à ce moment-là que l'affaire se complique, souligne Sud Ouest, puisque pour montrer sa bonne foi, sa bien aimée dit lui avoir versé 3.000 euros sur son compte en banque. La moitié pour le rembourser, l'autre qu'il devra lui restituer parce qu'elle "traficote dans le business des tableaux" et préfère "blanchir l'argent".
En difficulté financière
La victime accepte et lui vire l'argent, en cash, via des cartes prépayées sans compte bancaire. Un procédé utilisé par les fraudeurs puisqu'on ne peut pas retracer l'argent et l'anonymat des personnes impliquées est préservé. Mais coup de théâtre, les 3.000 euros dont il a bénéficié proviennent d'un compte bancaire piraté. L'autre victime a porté plainte et veut récupérer son argent. Pour lui ce sera bon. Notre quinquagénaire de Nontron, lui, est pris au piège. Ayant payé en cash, il ne peut pas bénéficier d'assurance bancaire et doit désormais rembourser l'autre victime tous les mois.
Une situation qui le place en grande difficulté puisqu'il ne lui reste désormais qu'à peine 200 euros pour vivre chaque mois. Les gendarmes interrogés par Sud Ouest rappellent qu'il faut faire très attention avec ce genre de procédé et ne pas tomber dans la crédulité. L'escroquerie sentimentale est notamment très utilisée en Afrique.
Pendant cinq mois, l'homme, qui croyait avoir trouvé l'amour sur un site de rencontres, s'est vu dérober pas moins de 3.000 euros... , La crédulité ou la foi en l'amour retrouvé... C'est une (...
Cachés derrière de faux profils sur les réseaux sociaux, et utilisant des photos volées, ces escrocs du web extorquent des milliers d'euros à leurs victimes. Les photos d'un ancien sergent-chef de la Légion étrangère ont permis à elles-seules de créer près de 5 000 faux profils.
Les photos le montrent : Marin Burcea a un physique plutôt avantageux. Et bien qu'il ait quitté la Légion en 2018, au bout de cinq ans de contrat, des photos de lui en uniforme - photos volées en 2017 - circulent toujours. Très largement. Son ancienne unité a fait les comptes : depuis septembre 2020, différentes images de lui ont servi à créer 4 900 faux profils de militaires français, afin d'extorquer de l'argent, très majoritairement à des femmes contactées sur les réseaux sociaux.
"2 000 faux profils sur Instagram, 300 sur Facebook, 500 sur TikTok, d'autres sur LinkedIn ou les sites de rencontres. Ces photos représentent 90% des arnaques aux faux profils qui remontent jusqu'à nous."
le capitaine Cédric, porte-parole de la Légion étrangère
à franceinfo
Ce sergent-chef est donc devenu, à son corps défendant, le paravent d'escrocs ivoiriens. Après être entrés en contact avec une potentielle victime, souvent après avoir noué une relation amoureuse virtuelle, ces "brouteurs", comme on les surnomme (arnaqueurs opérant sur internet), commencent à réclamer de l'argent. Carolina, une jeune Franco-Grecque qui vit à Athènes, a ainsi, au fil des mois, envoyé près de 5 000 euros à celui qu'elle croyait être un militaire dans la difficulté. "Il m'a demandé de l'argent pour que son officier supérieur le renvoie à Paris après 18 mois passés au Mali, raconte-t-elle. Ou pour manger au restaurant parce qu'il me disait que la nourriture était mauvaise. Ou pour payer son hospitalisation après une blessure par balles."
Fausse facture envoyée à Carolina, victime d'un "brouteur" lui réclamant de l'argent pour payer les soins après une blessure.
(FRANCEINFO / RADIOFRANCE)
Carolina a bien quelques soupçons, refuse certaines demandes, et exige de son correspondant une conversation par téléphone. Le soit-disant militaire accepte, avant de demander à la jeune femme de lui envoyer 700 euros, afin qu'il puisse "payer l'amende infligée par son supérieur pour avoir utilisé un téléphone". Elle refuse une nouvelle fois, puis contacte franceinfo le 20 janvier 2021, après la diffusion d'un reportage sur l'opération Barkhane. Elle apprend alors qu'un soldat en opération extérieure reste 4 mois sur le terrain, pas 18 comme le prétend celui qu'elle considère désormais comme un "intime", que les militaires engagés dans Barkhane ne vont pas au restaurant, et donc n'ont pas besoin d'argent pour cela, et qu'une blessure par balles est toujours traitée par le Service de Santé des Armées sur place avant une évacuation vers un hôpital militaire, mais que jamais il ne serait soigné dans le civil.
"L'uniforme de l'armée française m'a inspiré confiance. Mais quand j'ai compris et ouvert les yeux, je me suis sentie blessée, imbécile."
Carolina, l'une des victimes à franceinfo
A la Légion étrangère, le capitaine Cédric est contacté 4 à 5 fois par semaine par des victimes de ce faux profil : "Notre image en prend un coup, admet-il, mais quand nous réussissons, en alertant les sites comme Facebook ou Twitter, à faire fermer un profil, deux ou trois autres sont créés dans la foulée. Et nous n'arrivons pas à faire effacer de façon définitive les photos de cet ancien légionnaire, qui sont régulièrement utilisées depuis 2018." Selon l'officier, en Côte d'Ivoire, où remontent quasiment toutes les pistes, des cybercafés entiers sont dédiés à ces escroqueries.
"Si un militairerencontré sur les réseaux sociaux vous réclame de l'argent, par exemple 2 400 euros pour payer les poches de sang nécessaires à des soins, c'est une arnaque, prévient le capitaine Cédric. Plus largement, si un légionnaire ou tout autre soldat vous réclame de l'argent depuis le Mali ou un autre théâtre d'opération, c'est de toutes façons une arnaque."
Cachés derrière de faux profils sur les réseaux sociaux, et utilisant des photos volées, ces escrocs du web extorquent des milliers d'euros à leurs victimes. Les photos d'un ancien sergent-che...
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Expériences d'arnaques et lutte contre les arnaqueurs sur les sites de rencontre. Photos et pseudos utilisés pour les arnaques notamment celles de Côte d'Ivoire