Arnacoeurs Côte d'Ivoire © - Expériences d'arnaques et lutte contre les arnaqueurs sur les sites de rencontre. Photos et pseudos utilisés pour les arnaques notamment celles de Côte d'Ivoire
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22 février 2021 1 22 /02 /février /2021 16:29
 
 
Franck Cognard - franceinfo
Radio France

Cachés derrière de faux profils sur les réseaux sociaux, et utilisant des photos volées, ces escrocs du web extorquent des milliers d'euros à leurs victimes. Les photos d'un ancien sergent-chef de la Légion étrangère ont permis à elles-seules de créer près de 5 000 faux profils. 

 

Les photos le montrent : Marin Burcea a un physique plutôt avantageux. Et bien qu'il ait quitté la Légion en 2018, au bout de cinq ans de contrat, des photos de lui en uniforme - photos volées en 2017 - circulent toujours. Très largement. Son ancienne unité a fait les comptes : depuis septembre 2020, différentes images de lui ont servi à créer 4 900 faux profils de militaires français, afin d'extorquer de l'argent, très majoritairement à des femmes contactées sur les réseaux sociaux. 

"2 000 faux profils sur Instagram, 300 sur Facebook, 500 sur TikTok, d'autres sur LinkedIn ou les sites de rencontres. Ces photos représentent 90% des arnaques aux faux profils qui remontent jusqu'à nous."

le capitaine Cédric, porte-parole de la Légion étrangère

à franceinfo

 

Ce sergent-chef est donc devenu, à son corps défendant, le paravent d'escrocs ivoiriens. Après être entrés en contact avec une potentielle victime, souvent après avoir noué une relation amoureuse virtuelle, ces "brouteurs", comme on les surnomme (arnaqueurs opérant sur internet), commencent à réclamer de l'argent. Carolina, une jeune Franco-Grecque qui vit à Athènes, a ainsi, au fil des mois, envoyé près de 5 000 euros à celui qu'elle croyait être un militaire dans la difficulté. "Il m'a demandé de l'argent pour que son officier supérieur le renvoie à Paris après 18 mois passés au Mali, raconte-t-elle. Ou pour manger au restaurant parce qu'il me disait que la nourriture était mauvaise. Ou pour payer son hospitalisation après une blessure par balles."

 

Fausse facture envoyée à Carolina, victime d'un "brouteur" lui réclamant de l'argent pour payer les soins après une blessure. 

(FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

 

Carolina a bien quelques soupçons, refuse certaines demandes, et exige de son correspondant une conversation par téléphone. Le soit-disant militaire accepte, avant de demander à la jeune femme de lui envoyer 700 euros, afin qu'il puisse "payer l'amende infligée par son supérieur pour avoir utilisé un téléphone". Elle refuse une nouvelle fois, puis contacte franceinfo le 20 janvier 2021, après la diffusion d'un reportage sur l'opération Barkhane. Elle apprend alors qu'un soldat en opération extérieure reste 4 mois sur le terrain, pas 18 comme le prétend celui qu'elle considère désormais comme un "intime", que les militaires engagés dans Barkhane ne vont pas au restaurant, et donc n'ont pas besoin d'argent pour cela, et qu'une blessure par balles est toujours traitée par le Service de Santé des Armées sur place avant une évacuation vers un hôpital militaire, mais que jamais il ne serait soigné dans le civil. 

"L'uniforme de l'armée française m'a inspiré confiance. Mais quand j'ai compris et ouvert les yeux, je me suis sentie blessée, imbécile."

Carolina, l'une des victimes à franceinfo

A la Légion étrangère, le capitaine Cédric est contacté 4 à 5 fois par semaine par des victimes de ce faux profil : "Notre image en prend un coup, admet-il, mais quand nous réussissons, en alertant les sites comme Facebook ou Twitter, à faire fermer un profil, deux ou trois autres sont créés dans la foulée. Et nous n'arrivons pas à faire effacer de façon définitive les photos de cet ancien légionnaire, qui sont régulièrement utilisées depuis 2018." Selon l'officier, en Côte d'Ivoire, où remontent quasiment toutes les pistes, des cybercafés entiers sont dédiés à ces escroqueries.

"Si un militaire rencontré sur les réseaux sociaux vous réclame de l'argent, par exemple 2 400 euros pour payer les poches de sang nécessaires à des soins, c'est une arnaque, prévient le capitaine Cédric. Plus largement, si un légionnaire ou tout autre soldat vous réclame de l'argent depuis le Mali ou un autre théâtre d'opération, c'est de toutes façons une arnaque."

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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 12:00

 

 

Geoffroy De Saint Gilles | Publié le 26/12/2020

C’est son neveu qui témoigne, pour alerter. Jean * avait 73 ans, était entouré par sa famille et n’avait aucun problème de santé ni d’argent. Le 23 novembre, il a décidé de se tuer. Pour lui, la seule manière de mettre fin à une escroquerie lui ayant pris 73 500 € et fait miroiter une relation amoureuse qui n’arriva jamais.

*  le prénom a été changé

 

 

 

La mise en confiance

 

Jean ne connaît pas les codes des sites de rencontres. Quand une femme, prénommée Kim, lui dit qu’elle l’aime au bout d’une semaine, il la croit. «  Kim lui a demandé de quitter le site pour se voir sur Skype et par SMS, détaille son neveu, Clément Decaux. Elle explique être vendeuse d’art en Isère, qu’elle doit aller en Afrique du Sud pour récupérer un héritage très important. » Au bout de dix jours, elle lui demande de l’argent. Il rechigne puis cède sous la menace : «  Si tu ne veux pas, adieu, je n’aime pas les hommes méchants. » Plus tard, il fera un virement de 20 000 € que Kim lui remboursera. Jean a confiance, il se dit qu’il peut donner. Il perdra 73 500 €. Soit une moyenne de 1 100 € par jour.

Originaire de la Flandre, Jean a vécu dans la Sarthe comme agriculteur. Il possède un patrimoine important, il a des terres, mais il vit modestement. «  Mon oncle était près de ses sous, il ne donnait pas facilement. »

 

 

Le contexte

 

Il y a dix ans, l’épouse de Jean, malade, décède. Il revient à Hazebrouck, dans le quartier du Nouveau-Monde, près de sa famille. Grâce à un carnet de téléphone, Jean appelle ses anciennes camarades de classe. Grâce à cela, il aura deux compagnes. La dernière relation a duré cinq ans et s’est terminée en début d’année.

«  Comme il souffrait d’être seul, je lui ai proposé de passer par un site de rencontres sur Internet, explique Clément. Je l’ai aidé dans ses démarches et très rapidement, il m’a dit qu’il avait quelqu’un. » La famille a gardé tous les messages échangés, nous avons pu les consulter.

 

 

Le harcèlement sentimental

 

Revenons à « Kim ». Le septuagénaire veut la voir. «  Tous les deux jours, elle dit qu’elle va arriver la semaine prochaine, qu’elle vient s’installer avec lui mais à chaque fois elle trouve une excuse pour lui prendre de l’argent. » L’Hazebrouckois va aller en Isère, dans les aéroports de Roissy, Orly, Bruxelles, Charleroi… en plein confinement. Il va même chercher Kim qui dit être avec sa fille malade dans un hôpital de Liège. Son interlocutrice joue aussi sur la foi de Jean qui se rend régulièrement à la messe. Le jour même de la découverte de son

corps, son téléphone sonne encore pour lui demander de l’argent. «  Pendant deux mois, ils ont échangé des centaines de messages, ça n’arrêtait pas, il passait ses journées devant son ordinateur », poursuit Clément. Le matin, dès 6 h 30, il faisait le tour des cafés d’Hazebrouck pour envoyer de l’argent par coupons recharge de carte PCS. Un procédé qui ne laisse pas de trace.

 

 

L’isolement et la mort

 

Que ce soit son fils, ses sœurs ou son neveu, personne ne croit vraiment à cette relation. À tel point que son banquier est appelé. Il confirme que des virements posent question, mais personne ne peut rien faire. Jean s’isole. Comme avec Clément : «  Il ne voulait plus que je rentre, ne me parlait plus, comme à ses sœurs. » Il ne voit plus ses amis.

Le 23 novembre, il appelle son fils, boit un verre de vin rouge puis se pend dans son poulailler en laissant une lettre. «  Cette histoire pourrait être celle de votre oncle, de votre père, de votre voisin… Prenez garde aux réseaux sociaux et aux sites de rencontres, soyez vigilants, mon oncle était quelqu’un de logique, censé et bienveillant », conclut Clément qui espère, en témoignant, éviter d’autres drames comme celui vécu par Jean.

La piste de brouteurs en Côte d’Ivoire

 

 

L’enquête a été confiée au commissariat de Grande-Synthe qui a bien voulu prendre la plainte. Mais la famille ne se fait aucune illusion : « On ne reverra jamais ces 73 000 €, pense Clément, le neveu. L’argent a été envoyé à chaque fois à une holding en Côte d’Ivoire. On pense qu’il s’agit de "brouteurs", ces arnaqueurs professionnels  » Dans ce pays d’Afrique, les arnaques à l’amour sont un vrai business, avec des hommes utilisant des faux profils et de fausses photos qu’on appelle des brouteurs. Dans le cas de Jean*, il y avait bien une femme, blanche, derrière l’écran quand il l’appelait sur Skype.

Dans la Voix du Nord, nous avons déjà parlé de ces escroqueries, comme cette sexagénaire habitant le Nœuxois qui a perdu plus de 5 000 euros début 2018. Le parquet de Béthune a classé l’affaire, face à l’impossibilité d’identifier l’auteur. Cette année, une habitante de Vitry-en-Artois a perdu 2 500 €, victime d’un certain André. À chaque fois, les scénarios se ressemblent mais ils sont rarement aussi dramatiques que pour Jean. Les victimes se comptent par milliers en Europe et certains sites évoquent une escroquerie estimée à 200 millions d’euros chaque année.

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